Annonces du Président de la République sur l’énergie

 

Belfort février 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Président de la République a précisé ce jeudi 10 février 2022 à Belfort les orientations d’une politique énergétique plus écologique, souveraine, créatrice de pouvoir d’achat pour les Français et reposant davantage sur une offre industrielle nationale.

Ces orientations s’appuient sur les travaux engagés en 2018 à la demande du Président de la République par le gestionnaire de réseau de transport d’électricité RTE et l’Agence Internationale de l’Energie qui ont donné lieu à près de 4 000 contributions.

Dans la mesure où les énergies fossiles représentent toujours les deux tiers de notre consommation d’énergie, l’objectif d’une sortie des énergies fossiles en trente ans nécessite de réussir deux chantiers :

  1. Consommer moins d’énergie et gagner en sobriété énergétique

 

  • L’objectif : réduire de 40% la consommation d’énergie  en 2050. Cet objectif ne doit pas être atteint en pratiquant la privation , l’austérité énergétique, mais en faisant en sorte de changer de modèle pour être plus sobre sans perdre ne confort et en qualité de vie.

 

  • Il s’agit notamment de la rénovation des logements (MaPrimeRenov’), du renouvellement du parc automobile (bonus et primes à la conversion) et de la décarbonation de l’industrie soutenue sans le cadre de France 2030, en particulier avec le développement de l’hydrogène.

  2. Produire davantage d’énergie décarbonée

  a) Développer massivement les énergies renouvelables

      Pour répondre à l’augmentation immédiate de la consommation d’électricité, là où il faut 15 ans pour construire un                réacteur nucléaire.

 

  • Le solaire : multiplier la puissance installée par près de 10 d’ici 2050 et viser 100 gigawatts

 

  • L’éolien en mer : viser 40 gigawatts en service en 2050, soit une cinquantaine de parcs. Pour changer d’échelle, il faudra organiser une planification maritime des zones de développement, en associant largement tous les acteurs de la mer, en particulier les pêcheurs. La lutte pour le climat ne se fera pas au détriment de la préservation de la biodiversité et des écosystèmes marins et de la ressource halieutique.

 

  • L’éolien terrestre : multiplier par deux la puissance installée d’ici 2050. Il est possible de concilier développement de l’éolien et protection des paysages et des monuments remarquables :

          -  En faisant confiance à nos élus, notamment les maires, en leurs permettant de définir des secteurs dans les plans                    locaux d’urbanisme où l’implantation d’éoliennes est soumise à condition, les dernières lois votées rendent cela                    possible ;

            - En étant raisonnable dans les objectifs

            - En limitant l’emprise spatiale, en s’appuyant sur les éoliennes dernière génération, plus puissantes et donc moins                  nombreuses ;

           - En veillant à ne pas concentrer les centrales dans les mêmes territoires et en organisant une meilleure planification                 de l’éolien.

  • Les barrages hydroélectriques : investir tout en gardant la pleine maitrise, éviter les mises en concurrence de nos barrages.

  • Les énergies renouvelables thermiques (biocarburants, biomasse, biogaz) seront indispensables pour remplacer le gaz et le pétrole que l’électricité ne saura prendre en charge. En particulier, la part du gaz renouvelable doit être accrue pour viser 10% en 2030.

  •  Pour développer cette stratégie, France 2030 consacrera un milliard d’euros à l’innovation sur les énergies renouvelables. Des appels à projets sortiront aujourd’hui pour renforcer l’émergence de nouvelles technologies inventée et produites en France sur le photovoltaïque, l’éolien et les réseaux.

      b) Relancer la filière nucléaire

          Pour assurer notre approvisionnement en énergie à long terme en garantissant un haut niveau de sûreté.

 

  • Prolonger tous les réacteurs nucléaires qui peuvent l’être, sans rien céder à la sûreté. Si les premières prolongations au-delà de 40 ans ont été effectuées dans le quinquennat, EDF doit étudier les conditions de prolongation au-delà de 50 ans, avec l’autorité de sûreté nucléaire.

 

  • Lancer un grand programme de nouveaux réacteurs nucléaires, compte tenu des besoins en électricité et la nécessité d’anticiper la fin du parc existant qui ne pourra être prolongé indéfiniment.

             - Le Président de la République a exprimé son souhait que 6 EPR2 soient construits, avec l’étude de 8 réacteurs                 EPR2  de plus pour la fin de la décennie 2040.

            -  Une large concertation du public aura lieu au second semestre 2022 sur l’énergie, puis des discussions                                   parlementaires se tiendront en 2023.

             - A côté de ces EPR, un appel à projets ouvert, soutenu à hauteur d’un milliard d’euros par France 2030, sera                 lancé dans les prochains jours pour faire émerger des petits réacteurs modulaires (SMR) et des réacteurs                     innovants. L’objectif sera de construire en France un premier prototype d’ici 2030.

            - Ce nouveau programme pourrait conduire à la mise en service de 25 gigawatts de nouvelles capacités nucléaires                 d’ici 2050.

  • Mettre en place les conditions réglementaires et financières d’organisation de la filière.

            - Création d’une direction de programme interministérielle dédiée au nouveau nucléaire.

            - Construction et exploitation des nouveaux EPR par EDF, qui pourra compter sur le soutient de l’Etat pour                         mener à bien ce projet d’une ampleur inégalée depuis 40 ans dans de bonnes conditions financières et                                     opérationnelles.

            - Sur le plan financier, des financements publics seront engagés pour financer ce nouveau programme, ce qui                    permettra de préserver la situation financière d’EDF.

            - Sur le plan réglementaire, la décision prise par la Commission européenne sur la taxonomie énergétique, qui classe                l’énergie nucléaire comme énergie bas carbone, est importante et facilitera les financements de ces projets.

            - Assurer la maîtrise française des savoir-faire indispensables et des éléments critiques pour la production d’énergie                 nucléaire : l’intégration de la filière, initiée il y a 4 ans avec le rapprochement d’EDF et de Framatome, sera                           poursuivie avec l’accord trouvé entre EDF et General Electric pour reprendre les activités liées au nucléaire                 de General Electric, notamment les activités de maintenance ou de fabrication des turbines Arabelle qui                               équiperont les EPR2.

Le nucléaire et les énergie renouvelables :

Des filières d’avenir en termes d’emploi, partout sur le territoire

 

  • Le nucléaire est la 3ème filière industrielle en France ;

  • Elle représente 3 000 entreprises et 220 000 emplois ;

  • On recense 5 000 recrutements en 2021 dans cette filière malgré la crise ;

  • 10 000 emplois seront créés par les 6 EPR2 pendant la phase de construction, et 6 000 emplois pendant les 60 ans d’exploitation ;

  • La filière des énergies renouvelable représente quant à elle 70 000 emplois ;

  • Au total, la filière nucléaire et la filière des énergies renouvelables représentent donc plus de  300 000 emplois.

  • Belfort est un symbole de la réindustrialisation et devient une vallée de l’énergie et des transports décarbonés, au même titre que le Nord est une vallée des batteries.

 

  • Des technologies qui se substitueront au carbone sont produites à Belfort : McPhy avec sa gigafactory d’hydrogène (114 M€ d’aides, 430 emplois) ; 246 Millions d’euros pour Faurecia avec son usine de réservoirs hydrogène à Allenjoie etc.

 

  • C’est aussi cela France 2030

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