Conférence de presse du Président de la République

25 avril 2019

Revenons, à travers quelques questions, sur les annonces du Président de la République lors de sa conférence de presse de jeudi 25 avril 2019. 

Ces annonces marquent-elles un vrai changement de cap ?

 

La politique menée jusqu’à présent commence déjà à porter ses fruits :

o 500 000 emplois créés en 2 ans

o Un chômage au plus bas depuis 10 ans

o La plus forte hausse de pouvoir d’achat depuis 2007 (+850€ par ménage français en 2019 en moyenne)

Et nous avons toutes les raisons de penser que cette amélioration est durable : d’après l’OCDE, les politiques menées vont permettre d’augmenter le niveau de vie de tous les Français, et particulièrement des plus modestes, pendant les 10 prochaines années.

Nous n’avons donc pas de raison de changer profondément de cap. Ce que nous ont dit les Français ces derniers mois, ce n’est pas qu’il faut arrêter les changements engagés, c’est qu’il faut que ces changements se ressentent plus et plus vite dans leur quotidien.

Ce que nous changeons, en revanche, c’est notre méthode. Nous souhaitons davantage associer les Français, les élus locaux (en particulier les maires) et tous les corps intermédiaires aux choix que nous faisons, afin que l’action publique se décide au plus près des citoyens. Cela passe par des mesures très concrètes, comme la création d’un conseil de 150 citoyens tirés au sort, la possibilité pour les citoyens de faire inscrire un sujet à l’ordre du jour des instances locales, ou le lancement d’une mobilisation nationale autour de l’emploi et de la formation.

« Tout ça pour ça » ?

Le président a quand même annoncé de nombreuses mesures qui vont avoir un impact concret, immédiat et important sur la vie des gens. Par exemple :

o Baisse de l’impôt sur le revenu ;

o Ré-indexation des retraites de moins de 2000€ ;

o Lieu regroupant tous les services publics dans chaque canton (d’ici 2022) ;

o Versement automatique des pensions alimentaires aux mères isolées.

 

Des annonces qui ne répondent pas aux demandes des « gilets jaunes » ?

 

Le président de la République n’est pas là pour répondre à telle ou telle catégorie de la population, mais à tous les Français. Néanmoins ce qu’il a dit répond de fait à des préoccupations exprimées par les gilets jaunes.

 

Sur le pouvoir d’achat :

o Les mesures prises par le président de la République en décembre, c’était déjà 10 Mds€ de pouvoir d’achat redistribués (prime exceptionnelle, heures supplémentaires défiscalisées, hausse de la prime d’activité, baisse de CSG pour 5 millions de retraités) ;

o Résultat : une hausse de pouvoir d’achat des Français inédite depuis 2007 (+850€ par ménage en moyenne en 2019) ;

o La baisse de l’impôt sur le revenu, ce sera 5 Mds€ de pouvoir d’achat redistribués en plus. C’est un allègement considérable de la charge fiscale qui pèse sur les classes moyennes, qui n’avait fait qu’augmenter sous les précédents quinquennats.

o Et d’autres mesures vont dans ce sens : ré-indexation des retraites de moins de 2000€ sur l’inflation, reconduite de la prime sans impôts ni charges jusqu’à 1000 euros en 2020 (dans le cadre de l'intéressement pour des versements supplémentaires)…

 

Sur la justice fiscale / l’ISF :

o Les Français nous ont dit clairement leur attente de plus de justice fiscale.

o La meilleure méthode pour y répondre, ce n’est pas d’augmenter les impôts de tels ou tels mais plutôt de baisser les impôts des classes moyennes qui ont été largement mises à contribution durant les dernières décennies.

o S’agissant de la réforme de l’ISF nous allons faire ce que nous avons toujours dit que nous ferions : évaluer son impact en 2020, pour décider si nous la maintenons ou non.

 

Sur la demande de plus de démocratie / le RIC : plusieurs mesures annoncées répondent au besoin exprimé par les Français d’une participation plus directe à la vie de la démocratie :

o Référendum d’Initiative Partagée facilité : au lieu que 4,5 millions de citoyens soient nécessaires, on passe à 1 million. Et ils pourront saisir directement le Parlement.

o Possibilité de faire inscrire un sujet à l’ordre du jour des instances locales (Conseil municipal, intercommunal, départemental ou régional)

o Création d’un conseil de 150 citoyens tirés au sort qui fera partie du CESE transformé

o Pourquoi ne pas mettre en place le RIC ? Tel qu’il était demandé (possibilité de supprimer des lois venant d’être votées par exemple), le RIC aurait affaibli notre démocratie représentative.

 

Comment financer toutes ces mesures (et en particulier la baisse de l’impôt sur le revenu) ? N’y a-t—il pas un risque de dérapage des finances publiques ?

Nous avons largement démontré notre souci de maîtriser la dépense publique : des résultats sans précédent ont été obtenus en la matière depuis le début du quinquennat.

o Notre déficit est à son plus faible niveau depuis 2006 (2,5% du PIB en 2018)

o Notre dette s’est stabilisée, alors même que la dette de la SNCF y a été intégrée.

Il n’est pas question de financer ces mesures en faisant peser leur coût sur les prochaines générations par une augmentation de notre dette.

 

Ce que nous souhaitons faire, c’est : 

1) poursuivre la réduction des dépenses publique

2) permettre aux Français de travailler davantage

3) supprimer certaines niches fiscales pour les entreprises.

« Travailler davantage », qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Travailler davantage, ça peut vouloir dire travailler davantage tout au long de la semaine, tout au long de l’année, ou tout au long de la vie.

o Pourquoi ne pas travailler davantage sur la semaine (c’est-à-dire revenir sur les 35h) ? Parce que sur ce sujet, nous avons déjà mené un large débat, qui a débouché sur les ordonnances travail (principe : 35h, possibilité d’y déroger par la négociation de branche ou d’entreprise). Cela n’aurait pas de sens de revenir dessus quelques mois plus tard. Par ailleurs, cela nous conduirait à remettre en cause la défiscalisation des heures supplémentaires, qui a été pensée dans un système où les 35h s’appliquent.

o Pourquoi ne pas travailler davantage sur l’année (c’est-à-dire en travaillant certains jours fériés) ? Parce que c’est un dispositif qui génère plus de complexité que de solution, chaque entreprise appliquant la règle à sa manière.

o Travailler plus tout au long de la vie, cela a du sens : nous vivons plus longtemps et en meilleure santé, et nous travaillons moins que la plupart de nos voisins européens.

o Cela n’implique pas de toucher à l’âge légal, qui restera fixé à 62 ans. Ce qui doit être travaillé, c’est un allongement de la durée de cotisations et un système qui permette à ceux qui le souhaitent de partir à 62 ans, tout en incitant à travailler plus longtemps.

 

o Permettre aux Français de travailler plus tout au long de leur vie, c’est aussi poursuivre notre lutte contre le chômage. C’est notre priorité.

 

Supprimer l’ENA, un gadget ? Pourquoi supprimer et pas réformer ?

 

Cette mesure n’a rien d’un gadget. Elle répond à trois enjeux essentiels :

 

1) Rendre le recrutement des hauts fonctionnaires plus méritocratique et à l’image de notre société, alors qu’aujourd’hui, la reproduction sociale est très forte (plus qu’à la création de l’école)

 

2) Changer leur formation pour la rendre plus aux prises avec le monde d’aujourd’hui, en laissant plus de place au terrain et en l’ouvrant au monde universitaire.

 

3) Mettre fin à des privilèges anachroniques : ceux des grands corps de l’Etat, qui constituent aujourd’hui de fait une protection à vie.

 

Pour répondre à ces 3 enjeux, le rafistolage n’est pas possible. Beaucoup ont essayé avant, ça n’a pas marché, tant les forces d’inertie sont grandes. Un changement radical est nécessaire.

 

Mères célibataires : le versement automatique des pensions alimentaires, un dispositif qui existe déjà ?

 

Aujourd’hui, ce qui existe, c’est l’Agence de recouvrement des impayés de pension alimentaires. C’est un dispositif qui n’est pas satisfaisant car trop long (50 jours en moyenne minimum pour toucher le premier recouvrement), trop complexe, qui ne prévient pas les risques d’impayés et décourage un grand nombre de femmes déjà en situation de fragilité (taux de recours faible).

Ce qu’a annoncé le Président de la République, c’est la volonté de mettre en place un système plus efficace mais surtout qui permette de sécuriser le paiement des pensions alimentaires pour supprimer le risque d’impayé. Pour que ces femmes seules, en situation de fragilité, ne paient pas l’incivisme de leur ex-conjoint.

 

Ecologie : un manque d’ambition ? Est-ce encore le temps du débat, vu l’urgence climatique ? (cf. création d’une convention citoyenne de 150 personnes tirées au sort)

Le sentiment d’urgence climatique des Français, nous le partageons. C’est pour cela que nous agissons depuis 18 mois avec détermination, pour :

o Réduire les énergies fossiles (fermeture des centrales à charbon d’ici 2022, des moyens pour multiplier par 5 le photovoltaïque et par 3 l’éolien en 10 ans)

o Accompagner les Français modestes (extension du chèque énergie, changement de chaudière pour 1€, prime à la conversion jusqu’à 5000€ pour acheter une voiture + propre)

o Rendre les transports plus propres (ex : faciliter le covoiturage et le vélo)

o Rendre les bâtiments plus économes en énergies (ex : rénovation de 500 000 logements/an avec le grand plan d’investissement).

 

Mais face à cette urgence, les Français ne sont pas d’accord pour n’importe quelle mesure. Notamment, ils nous ont dit qu’ils ne voulaient pas de nouvelles taxes.

Ce que nous faisons, c’est leur donner la parole pour qu’ils nous disent comment ils souhaitent changer la donne.

Par ailleurs, en créant un Conseil de défense de la transition écologique présidé par le président de la République, sur le modèle du Conseil de défense, nous nous donnons les moyens d’assurer un suivi de notre action au plus haut niveau.

24 élèves / classe : est-ce que cela va changer la donne ? Avec quels moyens ?

 

Nous l’avons toujours dit : l’école primaire est notre priorité absolue en matière d’éducation, et en particulier les classes où on apprend à lire, parce que c’est le moment où on acquiert les bases qui nous permettront, ou non, de poursuivre sa scolarité avec succès.

C’est ce qui nous a conduits à faire passer les classes de CP et de CE1 à 12 élèves dans les quartiers défavorisés en commençant dès 2017 (une des premières mesures mises en œuvre).

 

C’est ce qui va nous conduire à limiter le nombre d’élèves par classe à 24 sur tout le territoire en grande section, CP et CE1, en commençant dès l’année prochaine.

 

Notre objectif: 100% d’une classe d’âge doit sortir de CE1 en sachant lire, écrire et compter correctement. C’est la condition pour qu’ils puissent ensuite réussir à l’école et s’émanciper.

 

Immigration, islam, laïcité : hors sujet ?

 

Le président de la République a vocation à s’adresser à tous les Français et à évoquer tous les sujets qui les préoccupent. C’est ce qu’il a fait hier : il s’est adressé à ceux qui se sont mobilisés, qui ont bloqué les ronds-points, mais également tous les autres.

Il est évident que parmi les préoccupations de nos concitoyens aujourd’hui, il y a des interrogations sur :

o les migrations auxquelles nous faisons face et auxquelles nous allons faire face à l’avenir en raison de l’instabilité dans certains pays, des guerres dans certains pays, des bouleversements climatiques ;

o un islamisme politique qui utilise la religion à des fins idéologiques et politiques opposées à nos valeurs ;

o la laïcité

 

Il était donc naturel que le président de la République évoque ces sujets hier.

Denis SOMMER

Député

3ème Circonscription du Doubs

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